mercredi, 23 décembre 2015 07:47

Adieu à Maurice Montabrut

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... ancien président de la Paroisse Universitaire

MSMontabrut Strasbourg 2009Maurice Montabrut est mort à Toulouse, le 27 septembre 2015. Stéphanois d’origine, il s’était depuis longtemps fixé dans le Sud-Ouest : le monde des facultés y était le sien, il en aimait la campagne, la Paroisse universitaire était son église d’élection. Attaché d’abord aux groupes secondaires, il avait tout naturellement mis ses convictions et ses compétences au service de ses étudiants et de ses collègues, dans le cercle large d’une ville très ouverte. Nous avons été heureux qu’il accepte de la quitter régulièrement pour succéder à Henri-Bernard Vergote en 1988, et assure la responsabilité de président de la P.U. jusqu’en 1995.

Chaque période de présidence a sa couleur. Celle de Maurice était la confiance, précise, lucide et assez obstinée.

Il faudrait peut-être dire d’abord que cet intellectuel était avant tout un excellent jardinier, que sa patience portait chaque année des fruits et des légumes admirables, largement partagés, qu’il avait confiance dans la terre, dans les saisons, dans le temps et dans la vigilance.
Ainsi de ses étudiants : il a été un des tout premiers à nous faire comprendre le changement radical que représentait l’entrée en nombre des jeunes en faculté, et a multiplié les appels aux initiatives par le biais de la revue ou des livraisons de Aujourd’hui l’Université que Pierre Jay dirigeait à l’intention de ses collègues.

L’ouverture, dans ces années moins lointaines qu’il n’y paraît, avait encore les dimensions de l’Europe, où les spécificités de l’enseignement public français, et plus encore de la P.U., posaient parfois problème : les sessions du SIESC, dont la variété réjouissait aussi le voyageur qu’il était, devinrent ses lieux de rencontre habituels, dans une fidélité qu’il a poursuivie, avec Simone, jusqu’à ces dernières années.

Ouverture encore que celle qui produisit de grandes Journées, à Reims, Marseille, Troyes, Poitiers, Grenoble, réattaquant sur nouveaux frais les problèmes de la science, de la culture ou de la société ; progrès de l’œcuménisme. Tout cela n’allait pas sans débat, sans l’ « affrontement » cher à Mounier, son « maître intérieur », sans décisions très difficiles à prendre parfois, mais l’idée dominante pour Maurice était que les différences sont richesses et que l’Esprit se nourrit de notre espoir et de nos vouloirs profonds.

La confiance en Dieu était pour Maurice indéfectible. Il y a puisé ses forces en tout moment de sa vie. Et sa confiance en l’Église l’était aussi, mais assortie d’une exigeante lucidité. Spécialiste de Newman, dont Simone et lui ont traduit les sermons, il attendait d’elle une parole libre, et demandait avec insistance qu’elle mette en œuvre le « sacerdoce des baptisés » auquel Vatican II l’avait appelée. « Nous entendons simplement mais fermement assumer notre responsabilité de baptisés qui ont à vivre de la foi, pour qu’elle éclaire les conduites et illumine les intelligences ». (CUC janvier 1989).

Et, par cet engagement même, sa parole nous rappelait que, si chacun doit servir où il est, tout serviteur doit être compétent. Et donc que pour chacun de nous, il y a un devoir absolu d’intelligence de notre foi. « Faire bien notre travail d’intelligence de la foi » c’était pour Maurice la nourriture quotidienne et comme l’air qu’il respirait. C’est souvent un bonheur, parfois une ascèse, en tout cas un des « talents » qui nous ont été confiés.

Marie-Hélène Depardon
(Paris)

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