vendredi, 12 décembre 2014 00:00

La joie de l'Évangile dans le monde de Petite Poucette (échos)

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23 membres de CdEP se sont retrouvés à Issy les Moulineaux du 20 au 22 octobre 2014 pour réfléchir à l’animation et à la communication au sein de l’association tout en s’appuyant sur le thème La Joie de l’Evangile dans le monde de Petite Poucette.

Pour ouvrir ces journées, 4 initiatives de rencontres leur ont été rapportées.

Témoignage : Mes élèves et Petite Poucette
Résumé : La joie de l'Évangile

Michèle Lesquoy a retracé les différentes étapes de la préparation de la session de Moulins, proposée aux personnels en activité de l’association, Ecole : entre rêves et réalités / Changer de regard. Il a fallu deux ans pour élaborer le thème, l’affiner au cours de 3 réunions préparatoires, rechercher des intervenants, et finaliser la rencontre à l’occasion d’un voyage exploratoire qui permit la découverte de la maison d’accueil et des ressources touristiques de la région choisie. Cette préparation méthodique assura un déroulement équilibré des journées où nous nous étions efforcés d’allier réflexion, méditation et détente. A chaque session, nous tentons des innovations : cette fois la veillée méditative De l’ombre à la lumière. Ces rencontres bisannuelles sont très appréciées par les participants car elles leur apportent un véritable ressourcement qui leur permet d’aborder la nouvelle année scolaire avec optimisme.

Jean Louis Gourdain a présenté la rencontre du 1er octobre 2014 à Rouen sur La laïcité. Le but était de ne pas laisser le débat sur la laïcité aux mains de l’extrême droite. Il a fallu chercher un lieu, des partenaires, notamment le pasteur qui apporté son concours efficace, solliciter Jean Baubérot qui a accepté très rapidement d’intervenir et a proposé d’aborder le thème sous la forme d’une conférence-débat, faire circuler l’information grâce aux contacts des uns et des autres. La qualité de l’intervenant et les invitations très larges ont permis de rassembler un public très varié de 150 personnes. Cette conférence a donc remporté un vif succès ; néanmoins, la forme choisie a conduit à un exposé certes très intéressant mais qui a manqué un peu de pédagogie et a pu déconcerter les non-initiés. La rencontre se prolongera par un compte rendu court dans le journal local et sur le site, un article plus étoffé dans la revue. Par la suite, pourra être envisagée une table ronde sur l’Interreligieux.

A Marseille, la rencontre sur l’Islam a nécessité, selon Jean Kayser, une année de travail. Elle s’adressait aux croyants chrétiens et musulmans de l’école publique, ou à ceux que leur présence dans l’école publique intéresse. Au cours des 3 réunions de préparation, le thème est devenu Croyants, chrétiens et musulmans dans l’école publique : questions et enjeux pour la société. Il a fallu décider la forme de la rencontre où la convivialité était recherchée, affiner sa pédagogie avec l’intervenante, préparer le temps de prière côte à côte, puis l’eucharistie pour ceux qui le souhaitaient. Les contacts ont été facilités par Marc, la communication a été particulièrement soignée puisque toutes sortes de diffusions avaient été mises en œuvre. La rencontre a réuni 30 personnes (12 actifs et 18 retraités, 6 nouveaux venus). Le compte-rendu est disponible sur le site. Cette année, tout cela est à relancer !

Mais certaines rencontres peuvent se préparer beaucoup plus rapidement, en l’espace d’un mois, telle la rencontre régionale du 14 juin 2014 à Villers lès Nancy Qu’est-ce qui fait sens dans notre existence ? Michèle Lesquoy et Nicole Morin ont élaboré le thème et le contenu de la journée après l’avoir soumis à Bernadette Rémy, et sollicité l’intervention de Michel Lagravière pour la célébration eucharistique. Une invitation a été largement diffusée et 28 personnes ont vécu un très riche partage. Cette journée devrait servir de tremplin à une rencontre élargie autour d'un thème encore à déterminer : Passeurs d’espérance, à partir de la réflexion de Jean-Claude Guillebaud, ou Communication et nouvelles technologies.

Après un court débat animé par Jacqueline Xhaard, Philippe Leroux nous a invités à nous interroger sur l’articulation entre les instances nationales et régionales de l’association. Voici les principales idées qui en sont sorties :

Certains fonctionnent sans se préoccuper du national, se réclamant de CdEP sans être cotisants. Comment faire prendre conscience du national ? Comment donner envie d’y participer, voire de s’y investir ?
La création de blogs serait le meilleur moyen de tisser des liens. Il faut à tout prix faire connaître les expériences des autres. Le national doit repréciser les orientations de l’association, s’ouvrir à tous ceux qui sont en lien avec l’éducation mais en gardant son identité : Notre place dans l’école laïque et notre foi chrétienne sont parfaitement conciliables et réciproquement fructueuses.
Quelle parole porter à l’École publique par rapport à l’Église ?
Il y a des personnes qui sont désireuses de rencontrer d’autres personnes que des enseignants.
Chez les jeunes, la réunion passe après les besoins personnels. Sans remettre en cause leur équipe, ils se posent la question de l’intérêt de l’association dans laquelle on voudrait les faire entrer. Par conséquence, le national n’est-il pas appelé à animer un réseau plutôt que de maintenir des structures ? CdEP doit-il être envisagé comme le service des chrétiens animant la réflexion autour de l’éducation ? Il se doit de coordonner ce qui se passe à droite et à gauche.

Dans un troisième temps, nous avons tenté de faire émerger les thèmes susceptibles d’approfondir notre réflexion, thèmes qui seront repris dans la dernière matinée de la rencontre. A nous de prendre un certain nombre d’initiatives pour que ces thèmes soient diffusés, portés collectivement.

Nous avons terminé cette première journée par un repas bien mérité et bien sympathique au New Bombay.

Le mardi 21 octobre, Chantal De La Ronde nous a expliqué pourquoi son équipe avait choisi de travailler Petite Poucette de Michel Serres, comment elle avait conçu l’étude de cet essai et quels profits elle en avait tirés.Petite Poucette

Le bilan de la session de Vannes avait fait apparaître de nombreuses questions sur le numérique et ses enjeux pour la société et l’enseignement. Olivier Joncour, l'aumônier de l'équipe, leur a donc proposé d’étudier Petite Poucette, dans lequel Michel Serres pose la question des mutations, de manière originale et positive.
L’étude a suivi le découpage du livre. La première réunion a été consacrée à l’étude du chapitre 1 Petite Poucette. Le titre choisi fait référence aux jeunes qui écrivent très rapidement avec leurs pouces. C’est la prise de conscience d’une rupture plus radicale qu’un écart générationnel. L’essai nous présente un nouvel écolier qui habite le virtuel, n’a plus la même tête, a inventé de nouveaux liens, via Facebook. Trois questions se posent : Quel savoir transmettre ? A qui transmettre le savoir ? Comment ? La pédagogie change avec les nouvelles technologies. Face à ces mutations, il est nécessaire d’innover. Dans le chapitre 2 Ecole, Michel Serres montre que les nouvelles technologies obligent à sortir du format spatial impliqué par le livre et la page. Les élèves ne veulent plus être passifs mais acteurs conducteurs. En temps qu’enseignants, nous ne pouvons ignorer cette évolution.
Dans le chapitre 3 Société, qui est la partie la plus nébuleuse de l’essai, l’auteur a le mérite de regarder cette évolution de manière très positive. Chantal conclut son exposé par le témoignage de Marianne, l’une des membres de son équipe : « Ce livre m’a appris à comprendre mes élèves. Il faut les faire travailler de plus en plus sur écran et les aider à décrypter toutes les informations données par le numérique. »

Un échange et une réflexion en carrefours ont suivi l’expérience relatée par Chantal dont je vous livre quelques constats et questions :

Les élèves croient savoir mais en fait ils ne savent pas. Le savoir est quelque chose qui est à nous. Il faut établir une différence entre ce qui est à soi et ce qui est de l’ordre du plagiat. Savoir, c’est dire je.
Il faut s’approprier les nouvelles technologies, multiplier les approches auprès des élèves (qui n’ont pas toujours envie d’utiliser les écrans encore en classe).
Il faut accompagner, guider l’élève dans l’utilisation de l’outil. Quel que soit le support utilisé, une médiation humaine, voire affective, est nécessaire dans l’acquisition des connaissances, tout particulièrement auprès des élèves les plus en difficultés.
Il faut éduquer à l’utilisation des outils en sachant que cela peut engendrer une forme de dépendance et entraîner une paresse intellectuelle.
Il faut prendre de la distance et de la réflexion par rapport à l’outil.
Comment aider les gens à avoir confiance dans les changements que ces outils impliquent.
Le cerveau étant modifié, que deviennent les relations humaines ?
Quelles vont être les conséquences de cette culture de l’immédiateté ?
La multiplication des moyens de communications est-elle un facteur de dispersion ou de cohésion sociale ?

la-joie-de-l-evangile

En après-midi, Daniel Moulinet nous a présenté dans ses grandes lignes La joie de l’Évangile. Dans cette exhortation apostolique, le pape François invite les chrétiens à « une nouvelle étape évangélique marquée par la joie et indique des voies pour la marche de l’Eglise dans les prochaines années ».
Ce texte a été publié après la 13e assemblée du synode des évêques, qui s’est tenue en octobre 2014, sur le thème : La nouvelle évangélisation pour la transmission de la foi chrétienne.

Nous avons clos cette deuxième journée par une chaleureuse célébration eucharistique animée par Jean Handschoewercker et en soirée nous avons assisté à la projection du documentaire de Jaouen Goffi De l’arc à l’écran qui montre comment une tribu indigène du Brésil s’approprie progressivement les nouvelles technologies de communication, en les considérant comme des armes pour défendre leurs droits constitutionnels et lutter pour la démarcation de son territoire.

La matinée du 23 octobre a surtout été consacrée à un travail en groupes sur les projets de l’association, les chantiers à ouvrir, le site, la revue.

Les thèmes à privilégier sont les suivants :

  •         la tempérance, ascèse, maîtrise de soi
  •         Le souci du bien commun et l’équilibre à trouver entre l’individuel et le collectif
  •         La recherche du bien-être, qu’est-ce qui nous permet de respirer ?
  •         La bienveillance
  •         Le devoir d’optimisme : efforçons nous d’être des catholiques joyeux
  •         Education nationale et éducation populaire, concurrentes ou partenaires ?
  •         Rythmes scolaires ; inégalités et échec scolaire
  •         Les tiers lieux, là où on est ou non accompagné par des adultes
  •         Les familles
  •         La souffrance des enseignants (à traiter avec un volet espérance)
  •         Crise et solidarité / universalité et justice sociale
  •         Besoin de spiritualité dans notre société.

La communication passe par des personnes, d’où la nécessité de personnaliser les contacts sur le site, par des photos, quelques lignes de présentation. Dans le souci d’inviter de jeunes enseignants, renouons les liens avec l’aumônerie, les mouvements de jeunes. Parallèlement, poursuivons les sessions de retraités, éléments d’ouverture à l’association. Croyons aux petits pas dans l’École, dans l’Église. Nous avons un devoir de rester en lien avec l’éducatif.

Nous avons envisagé de proposer sur le site de CdEP un blog sur les familles, ce qui nous permettrait d’évoquer les difficultés rencontrées pour connaître les problèmes de nos élèves, les découvertes que nous faisons sur leurs vies… Nous solliciterons la contribution des membres de CdEP - huit équipes se sont déjà portées volontaires – pour faciliter la rédaction d’un texte à envoyer à chacun de nos évêques. Au préalable, une petite équipe rédigera un chapeau pour lancer le blog qui pourrait s’intituler Les familles de nos élèves, de nos quartiers.

Un soutien en personnes est demandé pour la gestion du site.

En ce qui concerne la revue, nous avons rappelé qu’elle assure la visibilité de l’association, qu’elle est appréciée, lue et utilisée par les plus âgés. Compte tenu de la baisse du nombre d’adhérents, le coût de la mise en œuvre papier, faut-il envisager la transition vers une revue électronique ? Avec quel type de mise en page ? Il serait bon préalablement de vérifier ce que demandent les adhérents en activité. Ne faudrait-il pas l’envoyer aux mouvements de jeunes (J.O.C, Scouts…) ?

Comment rentabiliser notre nouveau local  au 67 rue du Faubourg St Denis ? Faire en sorte qu’il soit créateur de liens ?

Une petite équipe autour de Brigitte Donzel et Philippe Leroux s’est penchée sur la question et a proposé le 29 octobre de 16h 30 à 19 h un atelier sur le thème déjà évoqué Eduquer, instruire, former qu’est ce à dire ? Des invitations ont été envoyées aux personnes des paroisses voisines ainsi qu’aux adhérents CdEP en activité de la région parisienne. Una autre initiative a été prise : celle d’une petite randonnée pédestre autour du 67, avec petit goûter sur place pour les franciliens, soit avant Noël, soit début janvier 2015.

La rencontre nationale 2016 pourrait avoir lieu à Rouen. Le thème, encore à préciser, concernerait L’Ecole et l’éducation à la citoyenneté / Quelle éducation pour renforcer la dignité de chacune des personnes à l’école ? On envisage d’y inviter ATD Quart Monde.

Ces trois journées vécues ensemble se sont déroulées dans une atmosphère sereine. Nous avions trouvé cette fois un bon équilibre entre les temps d’exposés, d’échanges, de méditation, de détente. La soirée au restaurant a été une bonne idée. En définitive, bilan positif de cette rencontre qui nous a bien ressourcés !

Michèle Lesquoy

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