jeudi, 28 novembre 2019 23:01

Noël 2019, Spiritualité de l'Avent

Écrit par

Après le temps de l’Avent, temps d’attente et de préparation à accueillir l’avènement du Christ dans la chair... voici venu Noël, il est temps de célébrer la Nativité !

Extrait de "Noël de prof, Noël jusque là".
Zabou the terrible (http://www.zabou-the-terrible.fr/post/2019/12/26/NoeldeprofNoeljusquela)

J'ai décidé d'exposer ce gilet de sauvetage, "crucifié", pour rappeler à tous l'engagement impératif de sauver toute vie humaine, car la vie de chaque personne est précieuse aux yeux de Dieu. Le Seigneur nous demandera des comptes à l'heure du jugement. https://t.co/Fnp5deccIL pic.twitter.com/HmGRYBOyrG     (Pape François (@Pontifex_fr) December 20, 2019


C’est vrai qu’il serait plus confortable d’avoir un Dieu qui se montre tout de suite tout-puissant à la manière des super-héros : 

Et pourtant, notre Dieu est le Dieu qui se fait homme ; 

Et pourtant, notre Dieu est le Dieu qui naît dans une crèche ;

Et pourtant, notre Dieu est le Dieu qui meurt en croix. 

Il est aussi, évidemment, le Dieu qui ressuscite et qui vainc la mort mais cette éclatante victoire ne peut faire oublier ce qui précède. 

Je crois que, parfois, même si on le sait dans notre intellect, on s’attache aussi, presque inconsciemment, à notre conception victorieuse de Dieu et on en oublie la réalité de cette naissance : 

Dieu vient naître là où on ne veut pas de Lui, pas de place parmi les hommes, avec un aubergiste probablement bien agacé de cette demande en sus ; 

Et Dieu vient naître dans une mangeoire, pleine de foin, proche d’animaux, dans une odeur probablement détestable. 

Nous avons tous en tête une part de représentations sirupeuses de cette naissance  – même s’il est probable que l’émerveillement de toute naissance fut bien présent ! 

Pourquoi tout cela ? Parce que je pense que cela porte aussi des échos dans notre vie spirituelle : on peut parfois penser que Dieu n’est présent que dans les belles choses victorieuses de nos existences. 

J’y ai beaucoup pensé à Noël et dans les jours ultimes de la préparation à la fête car, sous ma casaque de prof, j’ai vécu un premier trimestre houleux : pas tant le changement d’établissement et de niveaux enseignés que, surtout, une classe dont je suis professeur principale à la concentration incroyablement élevée d’histoires problématiques. D’où une classe difficile à « gérer » certes, mais surtout de nombreux éléments annexes à mettre en place pour tenter de les accompagner, au mieux, au-delà des réactions strictement disciplinaires. Alors, à Noël, ce sont leurs vies compliquées et leurs visages qui ont énormément habité mon cœur… J’ai voulu confier ceux-ci : 

Toi qui ne sais t’exprimer que par les poings quand cela dépasse un certain seuil, 

Toi qui as probablement un problème psychique, qui es hors-sujet et ramènes tout à toi à tel point que souvent ma patience te concernant est mise à rude épreuve, 

Toi dont les paroles sont si fréquemment violentes et menaçantes et qui n’as jamais appris à te canaliser, 

Toi qui consommes très probablement des produits illicites dans une famille où tu n’es visiblement pas le seul, 

Toi qui ne sais pas gérer ta sexualité commençante et as tendance à la faire tomber dans les ornières de la pornographie et non du respect et de l’amour vrai, 

Toi qui as peur de venir en classe et sèches pas seulement un peu mais tellement que cela met ton année en péril, 

Toi dont il y a un problème d’alcool dans la famille, 

Toi qui viens d’ailleurs et ne sais pas écrire convenablement deux mots d’affilée, 

Toi qui es un chouette garçon mais qui viens de vivre tant de tribulations depuis ton pays pour arriver enfin en sécurité en France, 

… et vous tous, cette classe qui commence enfin, après plus de trois mois ensemble, à prendre forme, peut-être parce que chacun finit par accepter d’être ce qu’il est. 

J’ai voulu croire que Dieu était venu pour chacun de vous, pour chacun d’entre eux, dans leur pauvreté comme il l’a fait dans une mangeoire de Bethléem, et, qu’au cœur de ces ténèbres, Il est justement venu se rendre présent et apporter Sa lumière : celle de l’Espérance, la vraie, celle qui espère plus loin que toute nuit. C’est aussi cela un joyeux Noël ! 

 

 

                           Enfant de la crèche,                                                              Enfant Jésus,
                           merci d’être venu                                                                  merci d’être venu
                           présenter le sourire de Dieu                                                 offrir la joie de Dieu
                           à tous les habitants de la terre !                                          à tous les malheureux de notre terre !

                          Enfant Christ,                                                                        Enfant Dieu,
                          merci d’être venu                                                                  merci d'être venu

                          montrer le visage de Dieu                                                    distribuer l’amour de Dieu
                          à tous ceux qui sont en attente sur notre terre.                à tous les pauvres de notre terre.


                                                                                  Enfant Emmanuel,
                                                                                  merci de rester sur notre terre .
                                                                                  Enfant Dieu-avec-nous,
                                                                                  merci d’être la tendresse de Dieu
                                                                                  avec nous et avec tous pour toujours sur notre terre !

P. Charles Singer (extrait de https://noel.catholique.fr), le 21.12.2019

-=-=-=-=-=-=-=-=-=-

Olivier, notre aumônier, à partir de nos échanges, a fait un parallèle avec notre métier d’enseignant. La première étape, cette longue attente du Messie dans la prière et la vigilance pourrait renvoyer à notre travail de préparation où nous construisons un enseignement en pensant à des élèves ou à des étudiants qui vont le recevoir. Nous anticipons, nous essayons de prévoir les obstacles, les points d’achoppement, les réactions. Nous planchons, étudions, réfléchissons pour essayer d’être le plus efficace possible, d’habiter notre enseignement pour le rendre audible. Pendant l’Avent, nous ouvrons notre cœur, nous le nourrissons de la Parole, nous faisons de notre mieux pour être prêt à accueillir, à rencontrer le Christ. Tout un chemin se fait en nous qui nous conduit vers l’émerveillement de cette naissance improbable mais surtout nous ouvre à l’imprévu de Dieu qui vient s’incarner dans nos vies, aujourd’hui, ici et maintenant.

Et dans nos classes, nous arrivons avec l’impression que tout est maîtrisé ou presque, que le cours va se passer comme nous l’avions prévu et parfois, c’est ce qui arrive. Mais souvent, nous sentons qu’il faut laisser de côté le cadre de la préparation et improviser parce que nous avons en face de nous des êtres incarnés avec qui nous sommes en relation et que cette relation passe par l’intuition, l’écoute, l’accueil de ce qu’ils sont. C’est toute notre compétence mais aussi notre foi, notre espérance, notre fragilité qui nous permettent d’être présents à cette rencontre même et surtout quand elle est difficile.

« Le propre de Dieu, c’est de se faufiler partout »
(Martin Steffens)

Restons donc attentifs tout au long de cet Avent pour bien L’accueillir.

Chantal de la Ronde
Présidente de CdEP
Le 29.11.2019

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