jeudi, 21 février 2019 09:39

Le grand débat national

Écrit par

En cette période de crise dite des "gilets jaunes", CdEP s'associe à la proposition de la Conférence des Évêques de France de s'interroger sur les questions proposées dans le cadre du grand débat national.

Conscient que la crise que notre pays traverse n’est pas seulement conjoncturelle, le Conseil Permanent du Conseil des Evêques de France propose à tous les catholiques de France et à tous les citoyens et citoyennes de s’engager ensemble dans le grand débat national  proposé par le pouvoir politique. Voir le communiqué de la CEF

Les questions que le Conseil propose concernent le bien commun, l’état social, et partant de là, bien évidemment l’École, l’Éducation, la formation : 

1/ Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?
2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?
3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?
4/ Quel «
bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer nos concitoyens et les tourner vers l’avenir ?
5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

Nous serions heureux que, en tant qu’enseignants de l’Ecole Publique, vous vous empariez de ces problématiques et que vous nous transmettiez vos travaux, qu’il s’agisse de réponses, propositions, réflexions ou de questionnements.

 Tout cela pour une publication commune sur le site, dans CdEP Infos...

Merci d'adresser vos contributions au secrétariat national de CdEP par voie postale ou par voie électronique.

 

Contribution d'une équipe CdEP des Hauts de Seine, le 23 Mars 2019
en réponse à l'appel du Conseil permanent de la CEF

Nous avons essayé de répondre en tant qu’enseignants chrétiens travaillant dans le public.

1/ Quelles sont, selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

- Les difficultés de l’inclusion, les moyens ne suivent pas.
- De plus en plus d’élèves à profil particulier.
- Manque d’accompagnement, de formation et de suivi.
- Une demande des parents de plus en plus individualiste, centrée sur leur enfant.
- Une partie administrative de plus en plus chronophage.
- Les réformes successives ne sont jamais évaluées.
- Grande différence dans les niveaux d’investissement et de motivation des équipes pédagogiques.
- Manque de solidarité entre les enseignants et vis-à-vis des élèves.
-
Méconnaissance de l’autre : l’autre c’est celui qu’on ne fréquente pas, qu’on ne voit pas.
- Opposition entre le « peuple » et les « élites ».
- Manque de spiritualité dans nos vies.

2/ Qu’est-ce qui pourrait permettre aux enseignants de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

- Que les réformes ne se fassent pas à chaque mandature.
- Que des évaluations soient faites de ce qui est mis en place.
- Que les professeurs soient associés et pas seulement consultés alors que parfois tout semble déjà décidé.

Il est difficile de préparer les élèves qui changent de cycle. Plus de temps serait nécessaire pour préparer l’orientation, pour aider les parents à comprendre ce qui se passe. En imposant une réforme très rapide, on ne peut pas préparer les parents.
Ce serait bien d’adapter les moyens en fonction des établissements.
La réforme du lycée crée une vraie concurrence entre les disciplines. Les élèves ont le choix sans avoir le choix. Ce n’est pas une vraie réforme. Elle va créer d’autres problèmes sans résoudre ceux qui existent.

Quelles images d’élèves celles et ceux qui conçoivent réformes, évaluations, etc., imposées à tous ont-ils en tête ? Les personnels politiques et techniques qui occupent des postes importants au ministère ont-ils conscience de la diversité des élèves ? Ne sont-ils pas influencés par ceux qu’ils fréquentent, ceux de leur entourage ? Ont-ils véritablement le souci des plus fragiles, des plus faibles – souci aux résonances évangéliques ?

3/ Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ?

Les syndicats si la prise en compte des causes du malaise ne se réduit pas à une demande salariale.
Les syndicats donnent l’impression de s’occuper beaucoup d’eux-mêmes, moins des élèves.

Notre association peut aider par sa réflexion et les remontées qui viennent de toute la France et sont le reflet de réalités très différentes suivant les territoires.

Organiser des cafés des parents. Se rappeler qu’avec les parents nous ne sommes pas dans une relation hiérarchique.
Nous ne croyons plus aux réformes telles qu’elles sont proposées actuellement (venant d’en haut), nous croyons au potentiel des équipes pérennes sur des territoires qu’elles connaissent bien (à condition de vouloir s’adapter).

4/ Quel « bien commun » recherché ensemble pourrait fédérer le monde scolaire et le tourner vers l’avenir ?

Avoir une réflexion parents/enseignants/Institution/Mairie pour repenser une école publique que les gens ne fuiraient pas.
S’appuyer sur ce qui marche.

Actuellement, il est pratiquement impossible à un élève qui a de vraies dispositions, de vraies compétences, s’il est originaire de ZEP, d’intégrer un lycée public d’élite. On ne le lui permet pas. On ne donne pas leur chance aux élèves brillants.

Créer une matière sur le développement durable qui ne serait pas évaluée (qui pourrait remplacer les sciences numériques dont on ne sait pas qui va les enseigner, ni comment…) ; ce serait un signe fort de l’Institution.

5/ Quelles raisons d’espérer souhaitez-vous transmettre à vos enfants et petits-enfants ?

La formulation de la question nous a posé problème. Nous avons cherché les raisons d’espérer.

Des choses germent : être attentif à l’autre, à la difficulté que peut avoir l’autre, se forcer à voir ce qui est positif en l’autre.

La joie de suivre des élèves sur plusieurs années et les voir grandir… Les anciens élèves qui gardent contact.

Arriver à leur faire croire en eux-mêmes dans un cadre qui n’est pas valorisant. Tout n’est pas joué à leur âge.

Dans les Évangiles, l’intéressant c’est ce "un pour cent" dont tout le moque se moque.

Se recentrer sur les élèves. Leur laisser plus de place. Ils ont une certaine capacité à être créatifs. Dans un cadre où ils ont plus de liberté pour s’exprimer, ils n’embêtent pas le monde.

Expérimenter qu’à plusieurs on est mille fois meilleur que tout seul. L’École est un des seuls endroits qui peut fédérer. Aider les élèves à prendre conscience de cela.

La grande raison d’espérer, c’est qu’il y ait encore des gens qui veuillent être profs.

 

Collégialité des mouvements et services d’Église du CCFD-Terre Solidaire de Marseille le 14.03.2019

Appel aux catholiques de France et à nos concitoyens
(Conférence des évêques de France, le 11.12.2018)

Réponses aux questions, texte à destination de nos députés,
communiqué à Mgr Pontier et Mgr Aveline, aux médias, à nos mouvements et services.

Ces réponses ont été réalisées par des membres des mouvements et services suivants de la collégialité du Comité Catholique contre la faim et pour le développement – Terre Solidaire de Marseille : Action Catholique Ouvrière, Action Catholique des milieux indépendants, Mouvement chrétien des cadres et dirigeants - "Engagés pour vivre et travailler autrement", Chrétiens dans l’Enseignement public, Action Catholique des Enfants, Mission Ouvrière, Pastorale des Migrants.

  Question 1. Les causes du malaise actuel :

- Une injustice ressentie : revenus du travail par rapport aux revenus sociaux

- L’aggravation des inégalités sociales, tant du point de vue matériel, que du point de vue du « pouvoir » dans la société ;
la diminution du pouvoir d’achat, l’augmentation des taxes. La première revendication a concerné le prix du fuel et de l’essence.

- La désindustrialisation

- Le manque de dialogue entre gouvernement et syndicats, l’absence de députés issus du monde ouvrier depuis plus de quinze ans. On ne se sent pas représentés. Les gilets jaunes ne veulent pas des corps intermédiaires, ce qui provoque de l’anarchie et par conséquent de la violence.

- L’individualisme.

- Le manque de solidarité et de transparence sur l’utilisation des redistributions aux entreprises en particulier et à tous les citoyens en général.

-La désespérance et le sentiment d’abandon causés par le mépris de ceux qui ont la puissance publique envers les plus faibles, leur dédain pour les réalités quotidiennes des citoyens / favoritisme pour les plus riches.

- La peur de perdre le peu qu’on a et celle due au rythme d’évolutions très rapides (modèle familial et sociétal).

- La perte de la valeur travail de qualité au profit de la valeur financière et en particulier le travail au moindre coût.

- Les échecs de l’école pour, dans la pratique, répondre aux exigences éducatives, toujours reformulées, en particulier celles s’articulant sur notre devise « liberté, égalité, fraternité ».

- Le communautarisme.

- Le traitement des faits par les « média
s », l’impact des réseaux sociaux.

- Une quasi impossibilité d’adhérer aux modèles dominants proposés à savoir soit le modèle entrepreneur soit le modèle écolo.

  Questions 2 et 3. Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ? Solutions à proposer.

Qu'est-ce que ça veut dire « être partie prenante des décisions politiques » ? Les gens le veulent-ils vraiment ? Qu’est-ce qui pourrait le permettre aux citoyens ? Pouvoir proposer des projets de lois ? La demande de contrôler et corriger les décisions prises ? La démocratie fonctionne bien si les gens sont informés, or la parole publique ne favorise pas vraiment cela.

- Développer une information régulière des citoyens. Créer ou consolider des corps intermédiaires pourraient consister en des média conçus pour être contradictoires : des émissions à la télévision, des pages dans les journaux, ou des espaces de proximités-lieux d’échange (Centre sociaux, CIQ). Aborder d’abord les décisions locales.

- Mieux s’informer sur ce que proposent nos élus. L'information des citoyens renvoie au rôle et à la responsabilité des médias et de plus en plus des réseaux sociaux. Repérer les fakenews et les empêcher.

- Des « cahiers de doléances permanents » éventuellement numérisés à condition qu'ils « remontent » et qu'on en tienne compte. Ces cahiers de doléance n’ont pas été mis à la disposition des citoyens dans les grandes villes dont Marseille.

- Réduire les inégalités pour permettre à chacun de vivre « dignement ».

- Créer un équilibre des rémunérations en particulier pour les professions dévalorisées.

- Revoir la fiscalité, lutter contre la fuite des capitaux, favoriser la justice sociale.

- Proposer du travail qui donne sens et dignité plutôt que des aides financières.

-
Préserver les budgets de l’Éducation nationale afin de développer l’enseignement de la citoyenneté.

-
Solliciter des entreprises pour des actions citoyennes.

- Limiter et contrôler la durée des mandats pour éviter que les élus le soient « à vie ».

- Modifier les règles électorales qui permettent d’être élu sans véritable majorité.

- Développer la démocratie participative en favorisant la proximité entre élus et citoyens. Dans le cadre d’un RIC (référendum d'initiative citoyenne), il faudra être très attentif à poser les bonnes questions.

- Respecter le rôle des syndicats et respecter les choix d’un groupe de citoyens qui est force de proposition. Nous sommes confrontés au rôle réduit des syndicats en France (si on compare par exemple avec l’Allemagne).

-
Écouter les revendications sociales, condamner les actes de débordement contraires à nos valeurs, la colère et la peur face à l’avenir ne doivent pas nous opposer les uns aux autres.

-
Favoriser les structures d’accueil et d’insertion pour les migrants en mettant les préfectures et Conseils Régionaux en situation de respecter la loi et d’utiliser les fonds disponibles pour l’accueil des migrants mineurs.

- Être dans l’action sur les questions environnementales (Notre-Dame des Landes, Bure, prendre en compte la question des déchets nucléaires).

-
Justice sociale, égalité devant la loi, solidarité ! L’objectif est de mettre en place un projet de société qui favorise la place de l’homme dans la société, respecte la dignité de chacun (violence faite aux femmes - bas salaires - rejet des migrants). Nous nous appuyons sur des valeurs différentes que le profit, la consommation ou l’individualisme. «Être dans un optimisme de combat » (Michel Serres)

  Question 4. Le Bien Commun

Dans notre société, il est nécessaire que chacun se sente acteur et soit entendu. Tout individu doit pouvoir mener une vie digne, porteuse de sens et qui réponde à ses besoins essentiels ainsi qu’à ceux de sa famille.

Un bien commun fédérateur : la préservation de la nature et de notre terre, l’écologie qui fait se rejoindre les générations et qui pourrait déboucher sur un mieux à tous les niveaux en particulier, dans le domaine économique. En parallèle, l’économie participative nous apparaît intéressante.

Nous remettons en cause l’idée que le bien commun est national. Nous nous réapproprions l’esprit internationaliste du monde ouvrier et affirmons que les migrants font partie du bien commun de l’humanité.

La justice sociale, c’est remettre en cause le système qui génère une extrême pauvreté face à des citoyens plus que riches ainsi que des inégalités de pouvoir entre les femmes et les hommes.

Revoyons la fiscalité : nous réaffirmons l’importance de l’impôt pour développer les services publics (logement, santé, éducation, travail, transport pour tous), mais nous ne pouvons oublier que les taxes et impôts proportionnels pèsent plus lourdement sur les milieux populaires et les classes moyennes.

Appuyons-nous sur le Droit alors que même des instances politiques comme les Conseils Généraux ne l’appliquent pas, par exemple pour l’accueil des mineurs isolés.

N'utiliser le droit qu'à mon bénéfice personnel c'est prendre le droit de l'autre ; le droit se doit d'être un et partagé dans l'égalité.

Toute cette organisation sociale s’appuyant sur tous, à commencer par les « petits », permettra à tous les « collectifs » de se sentir parties prenantes des décisions et redonnera confiance dans la démocratie représentative.

  Question 5. Des raisons d’espérer.

Chrétiens, nous sommes « interdits de désespérance ».

Espérer, c’est miser sur l’éducation des générations à venir. Espérer, c’est définir des objectifs pour une école ouverte à tous sans ségrégation.

En valorisant nos compétences, nous répondons au projet de Dieu, ce n’est pas Lui qui rend notre avenir meilleur mais Il nous donne de quoi le construire.

La diversité des composantes qui constituent le peuple français est une Force car elle est portée par les mêmes valeurs, une même volonté de vivre ensemble. Cette diversité du peuple fait écho aux diversités des charismes et des potentialités exprimées dans le chapitre 12 de la lettre aux Corinthiens de St Paul. La différence est une richesse du seul fait de notre volonté.

Enfin, une de nos raisons d’espérer est aussi notre action à « petite échelle ».

          Nos engagements de citoyens nous semblent efficaces et indispensables.

 

Compte-rendu dune rencontre d’équipe marseillaise le jeudi 28 février 2019  
Appel du Conseil permanent de la CEF

 Question 1 : Quelles sont selon vous, en essayant de les hiérarchiser, les causes principales du malaise actuel et des formes violentes qu’il a prises ?

Ce malaise parait avoir concerné les classes moyennes, en particulier beaucoup de personnes en situation de seuil, relativement au travail, à l’accès aux services publics, au logement.

Accentuation des inégalités financières mais aussi inégalités dans sa capacité à orienter les choix de société (confiance d’un côté, renoncement de l’autre : on ne vote plus). Sentiment d’être délaissés, de ne pas avoir son mot à dire. Ascenseur social en panne.

Pas d’espoir et peur de perdre le peu qu’on a. Il n’y plus de modèle alternatif global d’organisation de la société. Désindustrialisation, manque de forces organisées ou défiance par rapport à ces structures (Parti, syndicats, lieux d’éducation populaire). Le capitalisme libéral présente comme modèle la réalisation de l’individu par la consommation (avoir, posséder) au détriment de la construction de l’être (difficulté d’éducation, manque de lieux de réflexion …), or cette possibilité d’avoir ce « pouvoir d’achat » a semblé, d’un seul coup mis à mal (prix du fuel…).

Culpabilité de ne pas pouvoir correspondre aux différents modèles proposés : tous gagnants, tous entrepreneurs ou au contraire écolo, décroissant.

Rythme d’évolution difficile à suivre : modèle familial, sociétal qui change trop rapidement.

Usure de la démocratie parlementaire telle qu’elle fonctionne, système représentatif devenu insupportable : taux d’abstention record, politiques disqualifiés, destruction des illusions sur LRM et son projet de « nouveau monde ».

Mépris du président, communication mensongère du gouvernement sur les réformes envisagées, ne présentant toujours que les progrès que cela va engendrer et jamais les efforts et les difficultés.

Méfiance par rapport aux médias traditionnels, seules comptent les informations reçues de pairs par les réseaux sociaux.

Question 2. Qu’est-ce qui pourrait permettre aux citoyens dans notre démocratie de se sentir davantage partie prenante des décisions politiques ?

Qu'est-ce que ça veut dire « être partie prenante des décisions politiques » ? Les gens le veulent-ils vraiment ? Pouvoir proposer des projets de lois ?

La demande n'est-elle pas de pouvoir aussi contrôler et corriger les décisions prises ?

La démocratie fonctionne bien si les gens sont informés, or la parole publique ne favorise pas vraiment cela.

L'information des citoyens renvoie au rôle et à la responsabilité des médias et de plus en plus des réseaux sociaux (comment repérer les fakenews et les empêcher ?).

Nécessité d'une information régulière des citoyens et pour cela existence de lieux d'information et de discussion déjà au moins pour les décisions locales, de « cahiers de doléances » éventuellement numérisés à condition qu'ils « remontent » et qu'on en tienne compte. Ces cahiers de doléances n’ont pas été mis à la disposition des citoyens dans les grandes villes dont Marseille.

Question 3. Quels sont les lieux ou les corps intermédiaires qui favoriseraient cette participation ? (Echange juste amorcé)

Nous sommes confrontés au rôle réduit des syndicats en France (si on compare par exemple avec l’Allemagne).

Ces corps intermédiaires pourraient être des médias conçus pour être contradictoires : des émissions de télévision, des pages de journaux, ou des espaces de proximités-lieux d’échange (Centre sociaux, CIQ).

Connectez-vous pour commenter

Abonnement à la Lettre Électronique

Donnez votre adrélec, puis recopiez à droite les caractères apparaissant à gauche.

captcha 

Coordonnées

CdEP - 67 rue du Faubourg St Denis
PARIS Xème
Métro : Château d'eau - Strasbourg St Denis

  • Tel : 01 43 35 28 50
Vous êtes ici : Accueil Actualité de l'Église Débats Le grand débat national