jeudi, 15 octobre 2009 00:00

Les religions : menace ou espoir pour nos sociétés ?

Écrit par

Une question récurrente...

Semaines sociales de France. LYON 2008

Les religions : menace ou espoir pour nos sociétés ?

Bayard 2009 - 334 pages, 21€.


Comme toujours aux sessions des Semaines Sociales, les organisateurs avaient fait en sorte que le thème puisse être traité de façon approfondie. Ce fut particulièrement réussi cette année. Les intervenants, sociologues, théologiens, responsables de pastorale… ont représenté les différentes religions : Christianisme (églises catholique, réformée…) Judaïsme, Islam... Intervenants comme participants venaient de nombreux pays , notamment européens.
Le choix avait donc été fait d’une large ouverture, rendue nécessaire par la question libellée au pluriel.

Les propos des conférenciers ont été à la hauteur des ambitions. Comme point de départ un constat s’imposait : « les religions en procès » ; il fit comprendre immédiatement que la réflexion serait sans concession. Puis un regard sur l’évolution de nos sociétés, de l’indifférence à la sollicitation, fut suivi d’une provocation : pourquoi ne pas inverser la question du thème en la posant à l’envers : « les sociétés, menace ou espoir pour les religions ? » Celles-ci ont-elles une place, un rôle dans une société ? Et quand nous disons « religion », de quoi parlons-nous ? Quels rapports établir entre individus, communautés, sociétés ? Et enfin comment penser l’universel dans des sociétés pluralistes ?

Bien préparés par les interventions, les participants aux ateliers ont pu prolonger la réflexion, et surtout l’appliquer à des cas concrets : comment gérer les religions dans l’espace public ? Quelle place pour elles dans les media, à l’école… Comment jouer un rôle face aux problèmes éthiques posés par les avancées de la science ? Quel regard les religions posent-elles sur le corps (corps objet ? sujet ? corps sacré ? corps marchandise ?…) ?

Il est impossible dans le cadre de cet article de rendre compte de tout. Les lecteurs pourront se référer au texte intégral des interventions ! Mais il importe de souligner les conclusions tirées par le président Jérôme Vignon à la fin de ces journées vraiment exceptionnelles par la richesse des échanges, la densité et la profondeur de la réflexion ainsi engagée.

Après les paroles rudes du premier jour, il constate que le chemin parcouru a conduit à des paroles d’espérance, notamment pour ce coin du monde où nous nous trouvons, l’Europe, et dans les conditions particulières de notre temps .

«Ce dont nous avons traité... ce n’est finalement pas de la relation entre foi et politique, pas tant non plus de la laïcité, mais de la relation entre les religions et les sociétés, du dialogue à l’intérieur des sociétés, de cet espace ouvert, de cette perspective possible non pas d’une laïcité positive… mais d’une sécularité ouverte. C’est-à-dire d’un monde où religions et sociétés peuvent les unes les autres s’ouvrir grâce à l’ouverture que pratiquent en elles-mêmes et entre elles les religions. Quel témoignage de vie et de dynamisme !

Le Président souligne aussi que l’expérience religieuse conduit peu à peu à comprendre que les religions sont recherche de la vérité. Cette recherche suppose un dialogue qui est à la fois possible et nécessaire, non seulement dans l’espace privé, mais aussi dans l’espace public. « La citoyenneté et la démocratie ont besoin, je le dis clairement, de la vitalité des religions et de la foi chrétienne, telle qu'elle s’est exprimée ici ».La nécessité du dialogue entre les religions avait déjà été annoncée par Tocqueville qui, au XIXe siècle, prévoyait les dérives de la démocratie, hélas survenues au XXe !

La démocratie est nécessaire : elle nous a rendu , à nous chrétiens, le service de nous délivrer de la tentation du pouvoir. Tout ce qui s’est dit au cours des ces trois jours montre la possibilité de délivrer en retour la démocratie du risque de la médiocrité , du cynisme, du « tout se vaut »…

À des sociétés qui aspirent à la liberté et à l’espoir, les religions peuvent être un aiguillon pour porter loin le regard vers le futur ; elles peuvent partager avec les sociétés cet espoir qui les anime, dès lors que les hommes et les femmes font la part de l’autre, du désir de l’autre, qui est finalement le désir du Tout Autre.La session se termine par l’annonce de celle qui se déroulera en 2009 et qui sera le prolongement de celle-ci en abordant le thème des Nouvelles solidarités.

Marie-Thérèse Drouillon

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