samedi, 04 avril 2020 11:52

Coronavirus et pandémie mondiale

Écrit par

La propagation du coronavirus à travers le monde, jusqu'à devenir une pandémie, touche indiféremment les pays riches et le pays en voie de développement. Nos amis des Equipes Enseignantes du monde entier partagent leurs expériences, font part de leur difficultés face à cette catastrophe grâce au réseau fédérateur de Dialogue & Coopération...

 

 

   Nous avons commencé...
Pedro Pierre
06.05.2020

Les jours et les semaines passent et la quarantaine se poursuit. On nous dit que ça va se terminer, mais personne n'est sûr de la date. Deux mois que nous la supportons et nous sommes préoccupés par la fin. Nous sommes également inquiets par ce qui va se passer ensuite, car nous nous rendons compte que les choses ne seront plus les mêmes qu'avant.

Ce n’est pas en vain que nous avons passé deux mois enfermés dans nos maisons. Pour beaucoup, la réalité est tragique : comment se nourrir quand nous gagnons chaque jour le pain dont la famille a besoin ? Dans de nombreuses familles, il y a des êtres chers qui sont partis pour toujours sans que l’on puisse leur dire "au revoir". Beaucoup ont perdu leur emploi parce que le magasin, l'atelier, l'usine ont été fermés. Le pays est par terre, car les prix du pétrole sont tombés à des niveaux très bas, 330 millions de dollars ont été payés en intérêts sur un prêt du Fonds monétaire au plus fort du bilan national, les riches ont envoyé leur argent dans des paradis fiscaux : pas moins de 800 millions de dollars, et la corruption sévit toujours dans les hautes sphères du gouvernement. Ils veulent maintenant nous contrôler par le biais de nos téléphones portables : pour savoir où nous vivons, où nous allons, avec qui nous communiquons, pour protéger notre santé. S'ils ne l'ont pas protégée jusqu'à aujourd'hui, pourquoi vont-ils la protéger demain ?

Ça va mal, très mal. Comment se remettre sur pied un pays, pillé par ses propres autorités et leurs amis du moment ? Comment va se relever une économie complétement anéantie, avec des milliers d'entreprises brisées ? Lorsque le vice-président a vu qu'il ne pouvait pas contrôler la pandémie à partir du gouvernement, il a laissé les municipalités décider quand sortir de la quarantaine. Et le président lui-même a déclaré : "Ma situation m'empêche de sortir sur le territoire. Je suis une personne âgée, physiquement handicapée et avec les problèmes médicaux que cela représente. Les médecins m'ont dit que je pouvais facilement contracter le coronavirus et que je pourrais difficilement le surmonter… "Nous sommes un pays à la dérive, affamé, au chômage, sans argent, sans leader pour nous aider à nous en sortir. Nous ne devons compter que sur nous-mêmes... C'est le défi à relever, consciemment et de manière organisée.

Ces deux mois de confinement nous ont également servi à réfléchir, à découvrir l'échec des systèmes qui nous gouvernent. À un moment, nous avons été paralysés par la peur et le désespoir, mais un espoir est né en nous : qu'ensemble nous pouvons nous lever, nous épauler et accepter que ce sera une longue et dure lutte pour retrouver la patrie et recommencer à vivre et à coexister comme Dieu le demande. Ce sera possible si nous avons déjà commencé à vivre différemment. Pendant la rareté, nous avons prouvé que nous pouvons manger plus sainement avec des légumes et des fruits. Comme il n'existe pas de médicaments efficaces contre le coronavirus, nous avons essayé les citrons, le gingembre, les herbes médicinales, les aimants et de nombreuses médecines traditionnelles ou alternatives. Il y a eu des signes et des gestes de partage et de solidarité entre nous, petits peut-être mais réels, qui ont redonné le sourire, nourri l'amitié et fait grandir l'espoir. Nous avons découvert que nous pouvons vivre sans acheter des choses inutiles ou superflues. Nous avons aussi prié, pratiqué des dévotions oubliées, lu la Bible, redécouvert Jésus, plus proche de nous, et Dieu, comme le grand mystère de la vie et de l'amour. Nous nous sommes demandé ce qui est le plus important en ce moment, la priorité à ne pas perdre, l'essentiel à ne pas lâcher...

Nous commençons à être sûrs que demain nous ne pourrons pas vivre comme hier, mais nous pourrons le faire, en gardant les choses importantes que nous avons vécues sans nous en rendre compte... parce qu’autrement, nous serons dans une situation pire, très mauvaise : une vie sans vie, des relations sans amour. Et l'existence individualiste, consumériste et désorganisée deviendra une pandémie pire que le coronavirus. Demain doit être une nouvelle aube, un nouveau jour, une nouvelle naissance, une nouvelle humanité. Nous avons commencé : nous devons continuer, améliorer, renforcer les nouveautés que nous vivons et redécouvrons. Nous ne pouvons pas revenir en arrière car le faire serait la maladie, la mort et le cimetière... s'il y reste de la place ! Dieu nous a créés pour autre chose : une vie pleine fondée sur le partage, une simple fraternité fondée sur la solidarité, une foi au goût du bonheur, un pays plus égalitaire où nous aurons toutes et tous une place. Saurons-nous offrir à Dieu ce plaisir ? Car "si la chaise de Dieu est vide, le diable l'occupe" !

Traduction Marie-José Acosta

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  Nouvelles des Philippines

Aux Philippines, l'ensemble du territoire de Luzon, y compris la région métropolitaine de Manille, est bouclé, plus 18 provinces dans tout le pays, afin d'empêcher la propagation du virus. La quarantaine communautaire a commencé le 16 mars dernier, deux semaines avant la fin de l'année scolaire. Elle a duré jusqu'au 15 avril, puis a été prolongée jusqu'au 30 avril. Maintenant, du 1er au 15 mai. Luzon et la région de la capitale restent en quarantaine communautaire renforcée, tandis que d'autres zones densément peuplées comme Tundo et Manille sont en confinement sévère, totalement bouclées, elles sont en quarantaine totale. Chaque coin ou extrémités des rues est surveillé par des militaires. Les différents niveaux de confinement sont fondés sur le comportement des gens au moment de la première vague de confinement. Dans les provinces et les espaces ruraux les gens sont plus disciplinés et ils ont compris la gravité et la menace du Covid 19. Cependant, il y a des gens qui ont l'habitude de faire ce qui leur plaît. Malgré les mesures de distanciation physique ils continuent à faire juste ce à quoi ils sont habitués malgré l'explosion du virus.

Au début du confinement, seulement quelques personnes infectées par le virus ont été dénombrées et le nombre de morts restait dans les unités. Maintenant, le 4 mai,le Département de la santé a rapporté que le nombre total de cas dans le pays s'élève à 9 223. Le nombre de guérisons à ce jour est de 1 214. Le nombre de morts est de 607 soit 6,58% du nombre total des cas. Le but visé est de réduire le pourcetage des décès à moins de 1%. Mais avec cet ennemi invisible qui attaque même les personnels médicaux et les soignants, le nomre de cas de Covid 19 ne cesse d'augmenter.

L'Institut de recherche pour la médecine tropicale, qui dispose de laboratoires capables et certifiés pour effectuer les tests COVID-19, a indiqué que 43 de ses employés de laboratoire testés étaient positifs au virus. Parmi ceux qui ont été testés positifs se trouvaient deux membres du personnel âgés de 60 ans et plus. Les tests et la recherche des contacts sont en cours pour avoir une idée plus précise de la manière dont le virus a atteint l'établissement et pour répondre aux besoins médicaux des patients. Le Comité de prévention et de contrôle des infections et le Bureau de sécurité de la RITM ont également publié des directives plus strictes afin de réduire le risque d'une nouvelle propagation de l'infection. Ils accomplissent de grandes tâches pour la nation, mais ils sont également vulnérables à l'infection par COVID-19. Le directeur de l'institut a admis que l'épidémie de COVID-19 "est l'une des plus difficiles" qu'ils aient affrontées. "Il est difficile de combattre un ennemi dont on ne sait pas grand-chose", a-t-il expliqué.

Partout dans le pays, les gens se battent pour trouver des produits de première nécessité à cause du corona virus . Les rapports et directives sanitaires ne cessent de changer quotidiennement. Après l'interdiction des rassemblements de masse, il n'y a plus eu de célébrations eucharistiques ni d'autres activités. Cependant, les fidèles pouvaient toujours regarder les messes, car les médias sociaux de l'Église diffusent Radio Veritas 846, et TV Maria diffuse des messes et d'autres activités religieuses. D'autres diocèses et prélatures ont diffusé la messe du dimanche par le biais de la radio.

Le gouvernement des Philippines fait son travail pour sécuriser la santé des gens mais des cas de Covid 19 continuent à se déclarer.

L'Église tient compte des appels du gouvernement pour la sécurité générale. Les chefs de l'Église coopèrent pleinement avec le gouvernement dans cette période de crise nationale. Cependant avec l'aspect martial et autoritaire des directives, assurées par la police et les militaires pour la réalisation du confinement, les gens perdent espoir. Ils ressentent de la peur et de l'incertitude. Ceux qui ont perdu des êtres chers à cause de l'épidémie ressentent douleur, chagrin et souffrance. Certains peuvent être tentés par des accès de désobéissance aux règles de la quarantaine, mais utiliser le prétexte de la désobéissance aux règles pour arrêter ceux qui se consacrent à la distribution de l'aide aux pauvres semble hors de question.

Comment les Philippins vivent-ils cette crise ? Quel est l'impact de la crise sur les pauvres qui vivent de leur travail au jour le jour ?

Malgré les restrictions de la quarantaine communautaire renforcée (ECQ), des gens à l'esprit civique ont bravé la loi pour tendre une main secourable et s'engager dans la distribution de nourriture à des familles vivant dans les régions rurales. La pandémie de Covid 19 est pour eux une occasion d'aider les familles pauvres qui vivent avec le gain de chaque jour et aux groupes de travailleurs qui appartiennent aux catégories des "sans travail, ni salaire" ainsi qu'aux personnes âgées. Nous avons été touchés par leurs efforts. Ces bonnes actions ont fait naître l'espoir que bientôt le Covid 19 prendra fin.

L'esprit de Baryanihan s'est éveillé parmi les Philippins du secteur privé. Ils envoient des colis PPE (Equipement Personnel Protecteur) et d'autres fournitures médicales parce que les hôpitaux privés souffrent aussi d'un manque de PPE. Des propriétaires de chaînes alimentaires donnent de la nourriture, et les Kuyas (grands frères), livreurs sont aussi en première ligne ; des propriétaires de chaînes hôtelières offrent le logement gratuit parce que nous avons du mal à rentrer chez nous ; des propriétaires de bicyclettes prêtent gratuitement leurs bicyclettes ; des épiciers établissent une file prioritaire pour que nous, les bénévoles, nous ayons plus de temps pour nous reposer après le travail ; il y a aussi des gens qui continuent à prier pour nous et pour notre sécurité et, bien sûr, tous ceux qui font de leur mieux "en restant chez eux". Nous applaudissons et remercions les hommes et les femmes qui partagent généreusement leurs ressources avec les plus vulnérables. Le projet Ugmayan mené par des grands groupes d'affaires de différentes industries a également aidé à couvrir les besoins en nourriture des gens - ceci en coopération avec la Fondation Philippine de Résilience aux Catastrophes et Caritas Manille. Des prêtres et des bénévoles font du porte à porte pour distribuer des Bons P1000 : dons d'épicerie aux communautés pauvres de la grande région métropolitaine de Manille.

Des canaux de distribution ont été développés en partenariat avec ABS CNB, une des principales chaînes de télévision du pays, la Banque de Développement Asiatique, le "Bayan Bayanihan" du gouvernement, et le programme alimentaire Johibu. Le nom global de cette initiative est le Programme "Pantawid ng Pagibid" (Pont d'Amour"). Cette initiative a aidé à couvrir les besoins des familles pauvres et de ceux qui ne peuvent gagner de l'argent à cause du confinement.

Maintenant, ABS-CBN est obligé de s'arrêter. La Commission nationale des Télécommunications a ordonné à ABS-CBN de cesser ses émissions.

Quant aux Équipes Enseignantes, l'esprit d'entr'aide s'y manifeste le plus. Un "chat" de groupe a été créé par les responsables de l'Équipe Centrale.

Chaque équipe a l'initiative de montrer sa solidarité et son souci des voisins les plus pauvres dans leurs communautés respectives en partageant de la nourriture et d'autres biens avec des voisins dans le besoin. Les membres d'Équipes vivant dans la même communauté se sont mis d'accord pour soutenir cette initiative d'aider les autres dans leur vooisinage.

Nous traversons des temps difficiles . Nous nous unissons dans la prière et nous rejoignons le monde par la prière. Nous demandons sincèrement à Dieu de délivrer notre monde, notre pays et la communauté de la pandémie Covid 19. On encourage les gens à prier pour que la pandémie s'arrête. Les cloches des églises sonnent à midi et à 20 heures tous les jours pour inciter les gens à prier "Oratio Imperata" pour combattre le virus envahissant. Bien que certains puissent avoir une certaine réserve par rapport à cette action, beaucoup de personnes croient que seul Dieu a le pouvoir d'empêcher à la pandémie de s'étendre.

(Cela m'a pris plus longtemps d'envoyer ce courriel parce que notre connection internet est mauvaise et que les cafés internet sont tous fermés).

Traduction Jacqueline Méaux

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