jeudi, 29 novembre 2012 01:06

Rencontre PANAFricaine - Août 2012

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A l'échelle de l'Afrique subsaharienne, une rencontre d'enseignants chrétiens pour prendre conscience des violences subies par les enfants.

La Rencontre Panafricaine a rassemblé 63 délégués d’Enseignantes de neuf pays africains francophones ; Paulette Molinier y représentait Dialogue et Coopération et Gabrielle Gaspard, CdEP.


Gaby à la PanafElle s'est tenue à Kara au Togo du 21 au 27 août 2012, avec pour thème préparé par les équipes locales :

Violences faites aux enfants


Quelques flashes de cette rencontre :

• Ouverture, clôture très officielles avec autorités civiles (préfet) et religieuses (trois évêques, quatre aumôniers) et dix déclarations, ambiance très joyeuse (chants - danses), diplôme de participation.
• 31 personnes citées dans la motion de remerciement.
• Pub : télé nationale, journaux, radio, calicots au séminaire et sur la route.
• Efficacité : plusieurs personnes nous en ont parlé lors de contacts après la session.
• Financement : élevage (volailles, cochons) pour la vente, achats de denrées (comme le sucre…) quand c’était moins cher, voyages des délégués financés par le CCFD à raison d’un par pays.
• Transports : avion, route ; pour les Sénégalais six jours pour aller et retour. • Expression religieuse intense : messes, prières, chants de louanges pendant deux heures de transport.
• Du travail et beaucoup de sérieux (tous les textes sont amendés, votés), avec des horaires élastiques !
- Place de l’enfant dans la Bible (évêque).
- Violences faites aux enfants : manifestations, causes, conséquences et actions pour y remédier (professeur d’université). - Engagements pour les équipiers, résolutions et recommandations aux autorités administratives et politiques, religieuses, familles/parents, médias, syndicats et société civile, autres enseignants.
- Statuts pour les prochaines rencontres, choix du représentant au Bureau International pour quatre ans.
• Réflexions choisies de la responsable du Burkina reçues en septembre :
- Les équipiers de Centrafrique demandent l’assistance du Dieu Tout-puissant pour atteindre les objectifs de la mission (Panaf) en 2016. Remerciements aux Togolais : nous avons été accueillis, logés, sécurisés (par la présence de l’infirmier),  amusés par votre chaleur et votre bonne humeur, nourris (3 fois par jour) et raccompagnés dans nos pays respectifs. Alors faisons un grand coucou à tous ces braves et gentils garçons et filles qui ont su entourer “Maman Irène” (comme ils l’appellent) et Père Gabriel Hozo de leur grande affection. Et que Dieu leur donne un coeur libre, afin qu’ils puissent  accorder une totale disponibilité à la réalisation des missions de la coordination continentale.

Gabrielle Gaspard
CdEP
 

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 Compte-rendu de la rencontre continentale 2012 en Afrique

Du 20 au 28 août 2012, les Equipes Enseignantes d’Afrique se sont réunies pour leur 13ème session continentale au grand séminaire de philosophie du pape Benoît XVI de Tchitchao, dans la banlieue de Kara, au nord du Togo.

Le thème de réflexion travaillé en amont par les Equipes des pays participants était : 
« Violences faites aux enfants »

Des représentants (tes) du Bénin (2), du Burkina Faso (6), du Burundi (1), de RCA (1), du Congo Brazzaville (3), de Côte d’Ivoire (1), de la Guinée Konakry (5), du Sénégal (9), étaient présents dont quatre aumôniers et une religieuse. La France avait mandaté deux déléguées représentant respectivement Dialogue et Coopération  et Chrétiens dans l’Enseignement Public (CDEP). Nous étions 55 au total avec une délégation importante du Togo (25) comprenant de nombreux équipiers jeunes (Il faut noter que les délégués ivoiriens n'ont pas obtenu l'autorisation de quitter le territoire alors qu'ils étaient officiellement en vacances et seul un équipier à la retraite a pu venir).

La session a débuté le mardi 21 août par une messe et une cérémonie d’ouverture officielle. La messe a eu lieu dans la vaste chapelle du séminaire. Elle était présidée par Mgr Nicomède Barrigah, évêque d’Atakpamé, Président de la commission épiscopale  chargée des laïcs au sein de la conférence des évêques du Togo et Président de la commission Vérité, Justice, Réconciliation. Après le mot d’accueil prononcé par l’aumônier national des Equipes Enseignantes du Togo, de nombreuses prises de parole de responsables de EE comme des représentants d’institutions laïques (chef de canton, représentants du Préfet et du Ministre de l’enseignement) se sont succédées.  Mgr Barrigah a clôturé la cérémonie. Cette célébration qui aurait semblé longue à nos frères catholiques occidentaux a été un moment de communion très fort pour tous les participants. Les tenues de cérémonie, surtout féminines, et les chants et rythmes de la chorale et de l'orchestre "invités" y ont  largement contribué.Un « apéritif amélioré » à l’africaine a ensuite été servi avec beignets de légumes et de viandes plus ou moins épicés ainsi que les incontournables arachides  (dans leur enveloppe) accompagnés de jus de fruits locaux et de bière locale. Ce moment a permis un échange à bâtons rompus, très simple et convivial entre tous les participants.  Dès l’après-midi, les travaux commençaient, avec la conférence de Mgr Barrigah sur le thème : « Que dit l’Ecriture Sainte à propos des enfants ? » et sous-titrée par lui « Dignité, respect et protection de l’enfant dans les Saintes Ecritures ».Après un exposé très clair, les questions, ayant un rapport aussi bien à l’éducation en général qu’aux problèmes familiaux, ont été nombreuses. Le lendemain et le jour suivant, deux conférences du professeur John Aglo ont porté directement sur le thème. 
La première intitulée  "Manifestations, causes et conséquences de la violence" a été émaillée d’exemples mettant en avant les conceptions culturelles, le rôle des sociétés traditionnelles africaines ainsi que celui de la famille. La seconde consistait à exposer les mesures, primordiales à ses yeux, pour remédier aux violences faites aux enfants : Première condition : la réforme de l’état (rôle de la loi), deuxième condition : la « réforme » de la famille (autorité, éducation), troisième condition : réorienter l’école (langue maternelle à valoriser, pédagogie de la vie). 

Ces exposés ont eu beaucoup d’impact sur les participants qui avaient travaillé ces thèmes dans leurs équipes de base, pendant une année ou plus et dont ils avaient mission de rapporter la synthèse.  Les carrefours qui ont suivi ont été particulièrement fructueux, concrets, mettant l’accent sur le rôle primordial de l’enseignant. Au cours des  jours suivants, on a entendu les délégations parler de l’évolution géopolitique pays par pays, ainsi que de celles des EE depuis 2008. Beaucoup ont rapporté les difficultés matérielles (manque d’argent, de communication, de rencontres…) mais aussi, un désir de se rapprocher les uns des autres, de partager connaissances et savoir-faire (y compris dans les  démarches administratives).Grâce à un travail très important, les statuts et le règlement intérieur des EE ont pu être finalisés à la satisfaction de tous. Des élections ont permis le renouvellement des membres de l’Equipe Continentale avec Irène Kabrane Yamba, du Togo, au poste de coordonnatrice continentale (la première femme à ce poste en Afrique). De plus, de grands projets nationaux et régionaux ont été mis en place avec 2 rencontres prévues en 2014: l’une  au Bénin pour l’Afrique de l’Ouest, l’autre au Congo Brazzaville pour l’Afrique centrale et de l’Est. 
Au niveau du continent, la panafricaine 2016 pourrait avoir lieu à Bangui (RCA).Des synthèses et divers rapports ont été rédigés et approuvés.Au cours d’une journée de détente, placée au milieu de la session, nous avons visité le Musée privé Gnassingbe Eyadéma (à Tchichao), érigé à la gloire du défunt président de la République du Togo, père du président actuel. Puis nous avons fait une excursion à Tata Somba, petit village traditionnel d’une ethnie vivant dans le parc de Sarakawa, site classé au patrimoine de l’Unesco. Cette visite d’une région isolée du Nord - Togo nous a plongés dans une zone rurale où nous avons pu mesurer les richesses et les faiblesses de ce petit pays d’Afrique Noire. 
Outre la beauté et le contraste des paysages, nous avons noté les difficultés de circuler pour la population locale. Il en est de même pour les transports internationaux du pays. Une seule route goudronnée, uniquement à deux voies, allant de Lomé la capitale jusqu'au nord du Togo, permet à des milliers de tonnes de marchandises de transiter vers les pays limitrophes comme le Burkina Faso, le Bénin, le Mali et le Niger. Des camions énormes, appelés par les autochtones "les titans", circulent parfois en colonnes d'une dizaine. Il arrive fréquemment qu'on en trouve en panne, sur la chaussée, le mécanicien - qui accompagne toujours le chauffeur sur ces longs trajets - étant "enfoui" sous la cabine du "monstre". La cérémonie de clôture, quant à elle, a été empreinte de solennité, avec la proclamation des rapports, des résolutions et recommandations (aux autorités civiles et religieuses, aux familles, aux médias, syndicats et société civile) mais aussi de joie et d’émotion ressenties à travers la musique – chorale et danse – et les remerciements nombreux et chaleureux.  Je tiens à souligner l’énorme travail de préparation de cette PANAF, en particulier celui des Equipiers du Togo.  Ils ont non seulement su relever le défi d’organiser la rencontre, mais aussi de faire en sorte que, grâce à leur gentillesse et à leur dévouement à toute épreuve, chacun soit accueilli et "soigné" comme un ami. C’était une véritable gageure lorsqu'on voit les difficultés d'approvisionnement en nourriture dans la région. Les équipiers ont réalisé tout un travail prévisionnel : ils ont acheté cochons et poulets dans le but de les élever et de les revendre, ils se sont procuré des denrées non périssables aux périodes où elles étaient moins chères  et fabriqué du savon et autres produits à utiliser durant la rencontre continentale. Les équipes du Togo ont mis à contribution des membres de leurs familles ou des personnes de leur connaissance pour la cuisine et autres services, ce qui a diminué le coût global de la session et créé un climat de sympathie entre les participants quels que soient leur rôle et leurs responsabilités.Je les en remercie ainsi que tous les Equipiers présents à cette rencontre, mais aussi les personnes qui ont rendu notre séjour à Kara inoubliable : cuisinières, personnel du séminaire, choristes et toute la communauté paroissiale de St Jean Bosco qui nous a accueillis pour la célébration eucharistique  du dimanche 26 août. Je salue le courage et la force de tous ceux qui ont dû supporter des conditions difficiles de voyage - quelques fois plusieurs jours et nuits - pour partager avec leurs amis des temps de travail, de réflexion, de fraternité. Je dois témoigner qu’à travers ces moments vécus « là-bas », nous ressentons combien nos efforts communs sont destinés à construire un monde meilleur et particulièrement, une école de qualité pour tous

Paulette MOLINIER 
Dialogue et Coopération

 

                                               

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