Pneu à plat ... On regonfle !!!

29 août 2018 By

          Après un an de "pause" (vous savez ce que c'est, les profs "c'est tout le temps en vacances"  ! ), le Blog de Sidonie redémarrre : bilan de l'année scolaire achevée, lecture de vacances "regonflante" et perspectives de nouveau départ... Non, je ne vais pas dire "bonnes résolutions de rentrée", d'abord parce que je trouve cette expression stupide : qui prend de "mauvaises résolutions" de rentrée ??! Et surtout parce qu'avant de "résoudre" ... il faut se trouver face aux problèmes : j'espère bien que ceux-ci auront la bonne idée de faire une rentrée tardive, très décalée : merci les gars de prolonger vos vacances, vous !!!                                                          


27 août 2018

             Hé oui, un an de pause et de silence sur ce blog (mais pas ailleurs : je suis "payée pour causer" en classe, et je dis parfois aux bavard·e·s impénitent·e·s qui ne peuvent pas s'empêcher de l'ouvrir : « hé bien, pour votre orientation, prof ou avocat me paraît tout indiqué » ; et pas non plus à la maison, où j'ai déversé dans les oreilles de mon ChêréTendre tous les malheurs que je vivais en classe... : le pôvre. M. le Ministre, si vous voulez un effet d'annonce qui va "faire causer" dans les médias ET qui ne serait pas totalement inutile, à quand une prime exceptionnelle et méritée pour les conjoint-e-s de profs ?) 

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            J'ai mal vécu l'année dernière, c'est indéniable : sur mes 3 classes de lycée, 2 ont posé des problèmes récurrents, et nous (l'équipe pédagogique, CPE et surveillants inclus) avons eu bien du mal à "faire avec" : certains (pbs) ont été "gérés" et solutionnés ou atténués, d'autres pas... Ce fut donc pour moi une grosse déception et une cause de "ressassement" et d'interrogation permanente, de mise en doute de mes capacités de "bonne prof" pourtant expérimentée et reconnue, et j'ai oscillé entre * dialogue, remise en question, recherche de solution, d'innovations, et ** refus de "composer" ou de transiger, sur ce qui me semblait important, en "rejetant" (de mon esprit, de mes préoccupations, parce que c'était épuisant, usant) ou en "supportant tant bien que mal" le groupe d'élèves pénibles, voire la classe pénible ; donc je faisais avec en comptant les semaines restantes... Oui, ce n'est pas bien glorieux ; mais la prof de math, tout aussi expérimentée que moi, en était au même point, dans les 2 classes (leS profS de math, devrais-je dire, ce n'étaient pas les mêmes), d'autres profs d'autres matières aussi.

vélo pneu dégonflé 

(Auremar © Fotolia)

            Que se passait-il donc ? Oh, rien de bien grave ni de bien nouveau : dans la classe de 2nde, comme dans celle de 1ère STMG : des bavardages répétés et gênants, de certain·e·s ou d'une majorité d'élèves, donc une ambiance de classe vraiment peu propice à l'attention, à la concentration, au travail, et (plus grave à mes yeux) aux progrès des élèves en difficulté et de bonne volonté ; le refus délibéré de certain·e·s de prendre des notes et de suivre le cours / de faire les devoirs et exercices donnés / de s'adresser de façon polie et respectueuse au professeur... Et dans les 2 classes, mais pas au même moment, des "histoires"/disputes voire du harcèlement entre élèves qui ont parfois dégénéré (bagarre au lycée en STMG ; insultes et pleurs en 2nde), ce qui a eu au moins l'avantage de les faire "émerger". Bref, rien que du très classique ; mais nous n'en sommes pas vraiment venus à bout ; et ça a persisté toute l'année, avec des hauts et des bas. Ce qui fait qu'à la fin de l'année, j'étais on ne peut plus soulagée de voir arriver le Bac, la fin des cours et les vacances, c'est la première fois que je quittais 2 classes sur 3 avec un sentiment d'échec. Pas agréable ! Heureusement qu'avec la 1ère ES, ma troisième classe, l'ambiance et le ressenti étaient totalement différents, du côté des élèves comme du mien, nous avons passé une bonne année, avons ri et travaillé (je me suis fâchée, parfois, mais "'juste ce qu'il faut") : sinon je me serais vraiment crue une très mauvaise prof ! Ce fut usant et lourd à porter, et je n'ai pas eu le cœur de poster quelques billets, de m'épancher ni de plaisanter sur les incidents divers et mes tentatives assez piteuses de résoudre les problèmes. J'avais juste l'énergie pour "surnager"... En outre, la maladie de mon père et les va-et-vient chez lui, et un "Atelier-Théâtre" très gratifiant mais très chronophage m'ont aussi fatiguée.

            Comme c'est difficile, dans notre métier, de vivre l'échec ; non pas un échec particulier, cela arrive, mais une situation globale et assez récurrente / un sentiment général d'échec avec toute une classe, ou disons avec une majorité d'élèves (souvent les plus influents) dans une classe... ! Et ce n'est pas terrible, hein, pour une chrétienne d'en arriver à considérer certaines élèves comme « le groupe des pestes »  (je ne les ai évidemment jamais appelées ainsi, ni devant elles, quelle horreur, ni même en salle des profs, ces élèves de 2nde que je ressentais comme ... malveillantes et toxiques ; mais dans mon esprit, c'est tout à fait comme cela que je les voyais). 

            Bref, j'ai fini l'année bien à plat... les pneus dégonflés ; plus trop capable de rouler.

pneu crevé

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            A la fin de vacances reposantes, "regonflantes" et pendant lesquelles j'ai bien déconnecté, je termine de lire un livre que je vous recommande tout à fait ; j'essaie, chaque année pendant l'été, de lire un livre de pédagogie, ou de psychologie, ou qui a un rapport de près ou de loin avec mon métier d'enseignante, pour "l'effet tremplin" que cela me donne avant d'aborder une nouvelle année : l'envie de rebondir, de repartir, avec de nouvelles idées, d'autres perspectives, enrichie par des réflexions, analyses et/ou des témoignages. Cette année, c'est Bienveillance et bien-être à l'école ; pour une école humaine et exigeante, ouvrage collectif sous la direction d'Aziz JELLAB et Christophe MARSOLLIER (éditions Berger-Levrault) :

livre Marsollier 

            Cela me permet de réfléchir à tête reposée sur ce qui s'est passé l'année dernière, d'en tirer des leçons, de mieux voir ma part de responsabilité dans ce qui n'a pas marché dans ces 2 classes (même si je ne suis pas trop une adepte de l'auto-flagellation, et que le constat d'échec a été assez général parmi les professeurs des 2 classes). Je n'ai pas su créer/instaurer un état d'esprit favorable avec certains élèves et surtout certains petits groupes ; il me faut encore travailler sur l'écoute, les encouragements ; sans tomber dans l'angélisme et sans abandonner les exigences et les sanctions (quand c'est toute la classe qui pâtit des manquements de certain·e·s). Le plus difficile : faire coopérer les élèves, obtenir leur adhésion, peu ou prou, pour un meilleur climat, pour que les cours fonctionnent, pour que les progrès de tous soient possibles... Et aussi : parvenir à changer mon regard (et donc mon discours, mes mimiques et intonations, et tout ce qui s'ensuit...) sur ces élèves "lourds" à tous points de vue : lourds à porter pour les profs et la classe ; et sur lesquels peuvent aussi peser divers fardeaux, familiaux, scolaires, autres (relationnels, affectifs, d'estime de soi et de confiance) dont nous n'avons pas toujours conscience et qui les écrasent ... et les font se rebiffer, se rebeller d'autant plus...

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            Cette année, je vais avoir 2 classes de Seconde, dont une où un groupe d'élèves suivra avec moi un "enseignement théâtre" dans le cadre des E.E. (enseignements d'exploration) ; une classe de Première ES ; et je continue encore l'atelier théâtre du mercredi après-midi, ouvert à tous les élèves du lycée qui le souhaitent ; et les sorties théâtre le soir pour tous les élèves de mes classes qui s'inscrivent ... [ 12 sorties/spectacle l'an dernier pour/avec des élèves de mes 3 classes... assez peu d'ailleurs (8-10 élèves) dans les 2 "classes à problèmes" ; mais 31 élèves sur 34 en 1ère ES... Tiens-tiens... ]. En espérant que ces portes ouvertes sur la culture, ces "aérations" que permet la pratique théâtrale, vont « nous donner de l'air », et seront un pont, une passerelle de plus entre mes futurs élèves et moi ... et la littérature !

theatre ouverture 

 

            Une nouvelle année scolaire qui commence, qui s'ouvre, comme le rideau sur un spectacle, qui peut se terminer avec de la joie, le sentiment d'avoir participé à quelque chose de fort, d'enthousiasmant, voire des applaudissements (même silencieux) de part et d'autre : je les attends, je les espère...

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