lundi, 20 avril 2015 00:00

FAMILLES...

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Une réunion animée et des points de vue divers !

Nous nous sommes donnés comme thème "familles" : c'est-à-dire surtout pas "LA Famille" comme s'il n'y avait qu'un modèle, mais

- nos familles
- les familles de nos quartiers/de nos immeubles
- les familles des élèves de l'école publique
- les familles rencontrées dans notre vie associative
Marguerite ajouterait :
Les familles adoptantes
Les «sans famille»
Les familles de cœur
Les familles spirituelles

- Les «sans famille», pour moi, ça n’existe pas parce qu’on a toujours eu une famille dont on est issu. Dans ce sens-là, personne n’est sans famille.
- Il y a toujours des « géniteurs » certes, cela n’est pas obligatoirement être inscrit dans une famille. - Avec le génocide juif certains se sont retrouvés sans famille.
- Voir ce qu’en dit Boris Cyrulnik.
- Pour eux, la communauté juive a pu «faire famille».
- Ils sont un groupe à part.
- Le fait d’être «groupe à part» a pu vous être imposé par les autres, alors que vous n’aviez rien souhaité et que vous vous sentiez comme les autres.
- L’esprit «de communauté» fait qu’on peut avoir gardé les traditions familiales du groupe même sans être croyants.
- Le culturel fait partie de «l’esprit de famille».

- Des familles, il en existe des très diverses : monoparentales, divorcées, recomposées, avec peu d’enfants ou beaucoup, traditionnelles,
- Famille recomposée, c’est une complication et une richesse en même temps. Ma fille, avec son compagnon et ses enfants, a aussi pris en charge un petit garçon issu d’un premier mariage. Cela exige de rester en lien avec la maman, la grand-mère, les cousins… pour vacances scolaires, déménagements… Il faut des concessions mutuelles. Cela fait un réseau de relations plus complexe. C’est éducatif pour tout le monde même si de temps en temps ça grogne un peu.
- Notre fils, en un mois de temps après son divorce, a pris chez lui une jeune fille de 20 ans avec un gamin de11 mois. Il a 45 ans. Pour moi, a priori c’est l’horreur. Une de ses filles est partie vivre chez sa mère, qui, elle, a rencontré quelqu’un de plus jeune qu’elle. Mais elle, les deux ados ont chacune leur chambre. Il n’y a plus de cris. Je suis rassurée sur mes petites-filles, mais inquiète pour mon fils.
- Si tout le monde a l’air mieux…
- Mieux, mais c’est quand même des soucis pour les parents que nous sommes. Je continue à garder toute mon estime à mon ex-gendre mais il est commercial. Et une de mes petites-filles, ados, n’en peut plus de faire son sac tous les 15jours. Ils ont trouvé un mode bancal différent de ce que la justice avait imposé : il vient la chercher le week-end pour l’emmener manger. Mais son père lui manque.
- J’ai obligé mes filles, à l’époque de l’adolescence, à aller voir leur père la moitié des vacances scolaires en rappelant «c’est la justice qui l’a dit». Maintenant, à l’âge de la quarantaine, mes filles ont de bonnes relations avec leur père, je ne regrette pas de les avoir forcées.
- Le seul reproche que je ferais à mon ex gendre, c’est qu’il n’a pas d’autorité pour s’imposer sur ses ados. Il n’a jamais invoqué la loi. Selon lui tout doit se négocier. Le divorce de ses parents a complètement bousillé l’aînée. Par contre ça va mieux maintenant au lycée. Elle dit quand même de son père qu’il ne sait pas ce qu’il veut
- Les filles de ma fille, elles, ont été soulagées par le divorce
- On disait de ma belle-sœur «elle n’a pas l’esprit de famille» parce qu’elle n’invitait pas facilement, ne montrait pas de plaisir à retrouver la famille, n’avait pas l’esprit tribu, et pourtant elle est fille de divorcés : j’avais donc présupposé l’inverse…
- Mais ce n’est pas si facile que ça de s’intégrer dans une famille. Je repense aussi à ce petit de 9 ans qui voulait qu’on voie le nouveau compagnon de sa mère : «Tu verras, il est gentil».
- Chaque famille a son rythme et son ambiance

- Il y a des familles cocon aussi :
Un couple du côté de mon compagnon qui passe toujours week-ends, cinéma, vacances avec frères et sœurs célibataires et parents. Cela m’interroge, comme une façon de masquer que le couple ne va pas si bien que cela. Et les petits vivent aussi en autarcie. Il y a quelque chose de malsain dans le fait de dépendre totalement les uns des autres.
Nous, on prend tous les petits-enfants en «colonie» l’été : l’aîné du groupe vient encore à 15 ans. Et la petite de 5 ans lui prend la main et lui dit qu’elle l’aime…
- Dans notre maison de La Baule, quand on accueille famille, amis, je dis «On est tous chez nous !» et le message passe : tout le monde met la main à la pâte pour les repas, c’est formidable.
- Ma famille, depuis toujours ouverte aux autres, m’a appris qu’une famille n’est pas faite pour être un clan et vivre repliée sur elle-même mais pour s’ouvrir aux autres ; elle m’a aimée et elle m’a appris à aimer et ensuite cet amour s’est élargi à tous ceux qui m’entourent…
- Cet aspect socialisation peut être difficile pour une mère vivant seule avec 2 enfants.
- Il existe des lieux d’accueil parents/enfants : cela rompt l’isolement des mères seules et des mères au foyer.

- C’est pas pire qu’avant…
Ne majore-t-on pas la qualité de la famille quand on dit "avant c’était plus facile" ? Moi j’ai beaucoup souffert de la famille dans laquelle j’ai été élevée. Je l’ai rejetée. Ma mère était malade mentale, je ne me sentais pas bien avec elle. On vivait dans la pauvreté.
- Moi, ma mère avait décidé quand j’avais 5 ans que j’étais anorexique. Quand j’étais ailleurs, je ne l’étais pas… J’étais plutôt garçon manqué, je trouvais les filles bizarres. Je n’avais jamais mon père pour moi seule. Les grands-parents, on les avait sur le dos tous les dimanches dans cette maison qui de fait leur appartenait. C’est le HLM de Bondy qui nous a fait retrouver la vie de famille.
- Comme quoi il n’y a pas que le divorce qui peut être douloureux… Il y avait bien des non dits pas faciles à vivre autrefois.
Mon père n’a jamais connu son père, ma mère était fille naturelle. La vie n’a pas été facile pour eux.
- Ma grand-mère maternelle a fait un mariage «arrangé» avec un orphelin apprenti d’Auteuil…

Qu’est-ce qu’une «famille normale» ?

- Moi, j’avais 18 ans de différence avec mon petit frère. Pour moi préparer le repas était plus important que suivre le collège ! J’ai passé le bac alors que ma mère accouchait ! 4 enfants répartis sur 18 ans… On se dit avec ma sœur que Maman nous a bien fait travailler pour elle ! On aurait aimé faire autre chose. Jusqu’à 21 ans, j’ai donné une partie de mon salaire à mes parents, avec l’impossibilité d’avoir une voiture, alors que je n’avais pas pu essayer de poursuivre mes études et que j’étais remplaçante.
- Pour moi par contre ma mère a fait de gros efforts pour qu’on continue des études !
- La vannerie c’est comme une famille vraiment : même avec des conflits, c’est dans les tripes, il y a une histoire, c’est fermé et ouvert en même temps. A la fois «On est les meilleurs» et aussi «On fait quelque chose de beau». Ils ont les rênes du village mais ils acceptent des gens venant d’ailleurs.

Des jeunes hors «normes traditionnelles»

- Jeunes partis au djihad. A Joué aucun n’est parti
- les 5 jeunes dégradant les tombes : a priori pas de familles défaillantes. Penser pourtant à l’effet de groupe.
- le «vertige» en pensant qu’on puisse retourner aussi vite et facilement des jeunes qui ont une famille pourtant présente.
- penser qu’il y a derrière une recherche d’idéal
- ne pas oublier que dans une semaine 350 meurtres peuvent être vus par des enfants sur un écran
- jeune que je connais qui est passé par une crise : d’abord «l’école ne m’intéresse pas, je veux travailler». S’y est ajouté «je suis homo». Cela a pris un an ; maintenant il a trouvé sa voie. Remise en cause des parents à l’annonce de son homosexualité. Moi-même, j’ai évolué, par méconnaissance aussi : avant, je l’aurais pris comme un défaut physique, constitutif.
- il y a des problèmes de couples aussi dans des couples homos, ils sont comme les autres, confrontés à la même difficulté de vivre à deux sur le long terme.
- Il y a une altérité à accepter.

La «sainte famille» ?

- L’icône de la sainte famille, on n’en a pas entendu parler autour de la table…
- Ma mère m’a dit «Si j’avais connu la pilule, vous ne seriez pas tous là»…
- Ma famille, je l’ai rejetée et en fait, ça n’a pas empêché qu’elle se construise. Mes parents m’ont aimés, malgré tout.
- Il y a des gamins qui se construisent malgré tout dans le bancal. Voir la résilience selon Boris Cyrulnik.
- On se construit presque tous dans le bancal
- Cela a été vrai pour la Sainte famille aussi !
- Toute l’humanité est faite dans le bancal
- Les paroles de Jésus sur la famille sont dures
- Pourquoi au niveau du mariage l’Église n’accueille-t-elle pas l’échec ?
- Genèse : La solitude est mortifère pour l’Homme. Et en outre, il vaut mieux l’autre différent qu’un clone.
- Beaucoup de mariages étaient interrompus tôt par la mort des femmes en couches
- Mon père m’avait dit «Je n’ai jamais trompé ta mère, même depuis qu’elle est morte»
- Beaucoup de couples se construisent ou reconstruisent à l’âge de la retraite, se reforment : cela ne choque plus personne, c’est une bonne chose, assez nouvelle.

Trois points à garder :

ð    - Importance des enfants là-dedans : la guerre entre conjoints, mais aussi la nécessité de trouver des solutions pour que ça s’arrange malgré tout
- Différentes formes de familles : parce la famille nous aide à la fois dans notre socialisation et en même temps à nous identifier
- On se construit tous dans le bancal.

Equipe CdEP - TOURS (37)

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